Mithé, la bigoudène

C'est chez Eliane, notre crêpière bretonne, que Rick et moi avons fait la connaissance de Mithé. Les deux Bigoudènes ont grandi dans le même village. L'une n'a jamais quitté son pays natal, l'autre est allée à Paris pour ses études. Elles se sont retrouvées, par hasard, à l'université de la crêpe de Pont l'Abbé. Le lendemain du tournage chez Eliane, on retrouve Mithé pour un ragoût bigouden au chou et au lard. C'est le plat breton du quotidien que préparait sa grand-mère. Elle nous conduit dans sa grande cuisine moderne, faite refaire sur mesure.

Mithé se met à l'épluchage et à la découpe des légumes en répondant à mes questions. On la sent plus timide devant les caméras qui scrutent chacun de ses faits et gestes que la veille. En fond sonore, les miaulements de son chat. Elle nous parle des heures passées dans son enfance dans le débit de boisson tenu par sa grand-mère. C'est elle qui faisait la cuisine pour toute la famille. Mithé vit seule dans sa maison, mais ça ne l'empêche pas de se préparer de bons petits plats au quotidien et quand elle reçoit, « de l'entrée au dessert ». Comme la plupart des personnes que nous avons rencontrées jusqu'à maintenant, c'est pour le plaisir et le partage qu'elle aime tant cuisiner : « Quoi de mieux que de partager un repas avec les autres ? ».

Une tradition bigoudène familiale

Une fois tous les ingrédients placés dans la marmite pour mijoter, on passe au goûter. Mithé a préparé pour nous un far et un gâteau breton et le café est servi dans le service de sa grand-mère. Comme la veille, Eliane arrive pour passer la fin d'après-midi avec nous. S'ensuit le moment tradition : en prévision de notre venue, Mithé avait sorti deux grosses valises remplies de costumes bigoudens, certains ayant appartenu à sa grand-mère. D'autres ont été brodés ou rapiécés par ses soins, comme celui porté par sa petite-fille à l'occasion de la fête des Brodeuses qui a lieu chaque année à Pont l'Abbé. Des broderies orange vif sur du noir ou sur du blanc, les motifs sont complexes et représentent des centaines d'heures de travail pour un tablier ou un veston.

De ses valises, Mithé sort aussi une coiffe bigoudène. Le secret de sa droiture repose dans l'amidon dont elle est recouverte. Nos deux Bretonnes nous expliquent que la taille de la coiffe a grandi avec le temps. Elles se remémorent, dans leur enfance, ces femmes âgées qui portaient la coiffe bigoudène au quotidien - et qui devaient pencher la tête pour monter en voiture). Il paraît qu'une dame de 94 ans dans un village voisin est la dernière à perpétuer cette tradition.

A 19h30, le temps commence à manquer. Sur les conseils de Mithé, Rick et moi avons réservé une table chez la célèbre Marie-Cath à Plomeur pour goûter à son kouign – une sorte de pancake breton. Nous prenons rapidement nos dernières images de Mithé avec son ragoût, et elle nous réserve une portion pour notre repas du lendemain.

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