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Chine

Contexte

Comment la Chine s'adapte au vieillissement

 
 

La politique de planification des naissances (1978) et l’allongement de l’espérance de vie ont bouleversé la structure par âge de la population chinoise. Selon les projections démographiques des Nations unies, la part des personnes âgées de 65 ans ou plus, qui était de 7 % en 2000, devrait plus que tripler d’ici 2050, pour atteindre 24 %, la Chine comptant alors 330 millions de personnes âgées.

Comment vit cette première génération de retraités parents d’enfants uniques ? À quels défis est confronté le pays, et comment peut-il s'adapter au vieillissement rapide de sa population ? Nous avons interrogé Justine Rochot, doctorante en sociologie au Centre d'Etudes sur la Chine Moderne et Contemporaine de l'EHESS.

Bonjour Justine. Tes domaines de recherche portent sur le vieillissement de la société chinoise et les processus de socialisation des personnes âgées en Chine. Quelle place occupent les personnes âgées aujourd’hui dans la société chinoise ?

Il est un discours relativement banalisé aujourd’hui, en Chine comme à l’étranger, qui tend à mettre en avant l’importance de l’héritage de la « piété filiale » confucéenne comme un élément culturel favorisant un respect traditionnel pour les personnes âgées, en Chine. De ce point de vue, grâce à une tradition plus « communautaire », la Chine ferait montre d’un plus grand respect pour les personnes âgées que l’Occident, dépeint comme plus individualiste.

A mon sens, ces représentations empêchent de comprendre les transformations de la place des personnes âgées dans la société chinoise actuelle, qui est loin d’être aussi simple et positive. Il y a tout d’abord un grand écart entre ce qui se passe en ville et à la campagne : dans les campagnes, on commence à peine à mettre en place un système de pension de retraite, et les personnes âgées des régions les plus pauvres sont bien plus dépendantes des jeunes générations qui partent travailler dans les grandes villes et leur laissent souvent leur propre enfant à charge. Au début des années 2000, on a ainsi vu une forte augmentation du taux de suicide des personnes âgées, alors deux à trois fois supérieur à la moyenne des pays occidentaux, et la moyenne rurale quatre à cinq fois supérieure à celle des villes.

Il faut aussi replacer cela dans le contexte plus large de la transformation des liens entre les générations, en ville comme à la compagne : les plus jeunes sont moins prêts à obéir aveuglément aux désirs de leurs parents, à se sacrifier pour la famille. Ils souhaitent eux aussi se réaliser en tant qu’individus (même si cela fait l’objet de nombreux compromis) et valorisent de plus en plus la famille nucléaire plutôt que la famille élargie. Il y a donc un écart fort entre ce que les plus âgés pensent pouvoir exiger de leurs enfants (au nom du respect inconditionnel que les enfants doivent porter à leurs parents) et la manière dont les enfants perçoivent ces injonctions parfois jugées excessivement intrusives.

Les enfants adultes tendent de ce point de vue à négocier les relations sur le court terme en considérant le respect de manière plus réciproque, à valoriser l’importance de l’affection.

Mais cela est d’autant plus difficile aujourd’hui que les relations familiales sont largement tributaires des pressions générées par l’environnement social et économique de la Chine actuelle : en ville, l’inflation des prix et notamment ceux de l’immobilier limitent de ce fait l’autonomie des enfants qui restent fortement dépendants de l’aide financière de leurs parents pour faire des études ou pour l’achat d’un appartement ou d’une voiture au moment du mariage.

De ce point de vue, les personnes âgées se sentent bien peu en phase avec le monde actuel, bien plus matérialiste, consumériste, rapide, et paradoxalement plus incertain à leurs yeux que la période maoïste où ils ont grandi. Pour beaucoup – par exemple pour les paysans ou les ouvriers – l’ouverture économique des années 1980 a aussi été synonyme d’un violent déclassement social. Pour comprendre la place occupée par les personnes âgées aujourd’hui et le sentiment de désœuvrement auxquels beaucoup font face, il faut donc aussi remettre cela dans le contexte plus large des parcours de vie de ces générations aujourd’hui âgées.

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La Cité Interdite

 
 

PORTRAIT - VIEILLIR A YANGSHUO

Lin Shu Hui

Dans la campagne chinoise, posé au milieu de son champ, Lin Shu Hui, 86 ans, nous a parlé de la vie sous Mao, puis sous Deng Xiaoping. Il nous a aussi raconté comment il a rencontré sa femme, caché dans les grottes de Guilin pendant la guerre sino-japonaise – il avait neuf ans, elle en avait huit.

REPORTAGE - ILS FONT

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PORTRAIT - VIEILLIR A PEKIN

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Laissez tomber vos bonnes résolutions, vous ne serez jamais aussi balèzes que ces vieux Pékinois.
Une matinée avec les vieux Chinois hypersportifs du Temple du Ciel.

VIEILLIR A PEKIN - CHINE

3 questions à l'entremetteuse Madame Zhang

 

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ILS FONT - HONG-KONG

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